Le tour des galeries #2 retour dans le cube blanc !

Pendant deux mois, j’ai pu vivre comme un grand collectionneur : faire Art Basel plusieurs jours de suite et y connaître le prix des œuvres, assister à des conversations entre artistes, galeristes et curateurs, enchaîner en une semaine des expositions entre Paris, New-York et Londres. Ok. Mais tout ça, virtuellement. Et le rapport, physique, aux œuvres, la sensation de rentrer dans les espaces des galeries, me manquaient terriblement.

Deux mois et demi plus tard, les galeries ré-ouvrent au public. Quel plaisir de pouvoir à nouveau faire ce qu’il y a de mieux : visiter des expositions, découvrir des artistes, se trouver face à l’œuvre. Nous voilà de retour dans le cube blanc !

Avant de vous présenter ma sélection d’expositions, je tiens à vous dire que je suis encore dans ma ville de confinement, Orléans, et que je n’ai donc pas – encore – visité les expositions parisiennes citées. (Ceci explique également pourquoi les photos de ce tour des galeries seront des posts Instagram, et non mes photos).

J’ai profité d’être à Orléans pour me rendre au Pays où le ciel est toujours bleu pour la réouverture de l’exposition 300 dpi av. J.-C. de Yoan Beliard. C’est un lieu qui me tient particulièrement à cœur puisque j’ai pu m’y familiariser avec l’art contemporain et y rencontrer des artistes dans mes années lycée. 

Si ce qui nous a manqué pendant le confinement est la matérialité de l’œuvre, alors cette exposition tombe à pic pour une visite post-quarantaine. Le travail des matières et le rendu en plusieurs dimensions semblent bien les enjeux de ces œuvres. Du plâtre, des briques, du béton, de la fibre, de la peinture aérosol, du toner, sont travaillés en différentes formes sur de larges châssis métalliques apparents, ou façonnés en jarres.

Le titre de l’exposition nous plonge dans un tunnel temporel, liant antiquité et imprimante toner. Puis la lecture des œuvres se fait petit à petit, surfaces par surfaces. Les bribes de photocopies de vestiges archéologiques forment des images ; les matières utilisés, pauvres, sont sublimées à nos yeux en marbre ou pierres incrustées. Vases, minéraux et fossiles, nous réalisons que l’exposition nous transporte dans les réserves d’un musée archéologique.

Orléans, profitez de votre envie d’exposition pour visiter Le pays où le ciel est toujours bleu ! Et pour les plus curieux, voici le site de l’artiste.

300 dpi av. J.-C. , Yoan Beliard, du 28 mai au 21 juin 2020, Le pays où le ciel est toujours bleu, 5 rue des Grands Champs à Orléans, jeudi – dimanche, 15h – 18h30

View this post on Instagram

Stack of books

A post shared by Jean-Philippe Delhomme (@jeanphilippedelhomme) on

Les œuvres de Jean-Philippe Delhomme ont accompagné mon confinement et l’ont égayé, grâce à ses nombreuses images de quarantaine sur Instagram : natures mortes, portraits, vues du boulevard ou scènes d’atelier, j’ai été particulièrement touché par ces peintures, dessins et encres qui saisissaient ce rapport inédit à nos espaces intérieurs. Cela sans me douter qu’une exposition de ses peintures se préparait à la galerie Perrotin. S’il ne s’agit pas des œuvres créées durant le confinement, une autre aventure est présentée : son voyage à Los Angeles.

Dans cette exposition, le peintre, également connu pour ses talents d’illustrateur et son personnage « the Unknown Hipster » suspend à nouveau le temps et rend hommage à la ville, à travers un arrêt sur image de différentes scènes de vie.

Los Angeles Langage, Jean-Philippe Delhomme, du 23 mai au 14 août 2020, Galerie Perrotin, 76 rue de Turenne, 75003, mardi – samedi, 11h – 19h.

Jean-Philippe Delhomme est également en résidence sur le compte Instagram du Musée d’Orsay, où il y publie chaque semaine un dessin, imaginant ce que serait les posts Instagram des grands artistes du musée.

Notons que la galerie Perrotin présente deux autres expositions, celle de Gabriel Rico, et Restons Unis, initiative solidaire que nous pouvons saluer. En effet, la crise covid-19 impactant le marché, Emmanuel Perrotin, certainement l’un des galeristes français les plus connus à l’international, a choisi d’inviter certains de ses homologues parisiens à une union sacrée. A travers quatre expositions du 23 Mai au 14 Août, vingt-six galeries parisiennes exposent leurs artistes dans les murs de la galerie Perrotin, de quoi donner de la visibilité et se montrer solidaires.

Restons Unis, du 23 mai au 14 août 2020, Galerie Perrotin, 76 rue de Turenne, 75003, mardi – samedi, 11h – 19h

Œuvres de confinement

Ainsi, la crise du covid bouscule la programmation des galeries. Et quand est-il des artistes ? Je souhaiterais maintenant vous faire découvrir deux expositions d’un nouveau genre : « œuvres de confinement ».

Ludovilk Myers avait une exposition personnelle de prévue pour Juin 2020. Mais, comme pour beaucoup de parents, il s’est retrouvé à la maison avec son fils à occuper tous les jours. C’est pourquoi ce solo show s’est transformé en exposition à quatre mains, véritable retour en images sur le programme de confinement à l’atelier avec Camille, 4 ans : peinture de fleurs, collage de paillettes, sessions Animal Crossing ou puissance 4 et morpions géants.

Ludovilk Myers est peintre et designer graphique. Merveilleux coloriste, son travail explore actuellement l’abstraction, par des aplats de couleurs souvent rehaussés et travaillés au airbrush. Mais cette exposition poursuit les précédentes expérimentations picturales père/fils, puisque l’artiste a déjà édité un recueil de dessins à quatre mains, Massif Central,  et publie régulièrement des dessins, collages ou peintures de son fils sur un compte Instagram dédié, ambiance « art contemporain et tétine ».

View this post on Instagram

👹

A post shared by Camille 👶🏻🎨 (@bananepatten) on

Je vous laisse vous aventurer plus largement dans le travail de Ludovilk Myers, sur son compte Instagram @ilkflottante et son site internet, ainsi que les recherches plastiques menées par son fils @bananepatten, et vous invite à découvrir l’exposition :

Confinés, Ludovilk Myers, du 3 au 21 juin 2020, Happy Gallery, 17 Rue Victor Massé, 75009, Mercredi – samedi, 14h – 18h

Le solo show de Damien Cabanes à la galerie Éric Dupont a été interrompu par le confinement, après seulement quelques jours d’exposition. La quarantaine passée, la galerie ré-ouvre son espace, mais accueille les visiteurs avec un nouvel accrochage d’œuvres encore fraîches. Ces fleurs, sur toiles libres de grands formats, ont été peintes pendant le confinement.  Si l’artiste continue à peindre des fleurs et bouquets, thème récurrent pour lui, ce contexte particulier de création transforme selon moi notre façon d’appréhender ces œuvres.  

Œuvres de confinement, Damien Cabanes, du 27 mai au 13 juin 2020, Galerie Eric Dupont, 138 rue du Temple, 75003, mardi – samedi, 11h – 19h

Si je parlais de l’utilisation d’airbrush dans le travail de Ludovilk Myers, un autre maestro de cette technique est exposé actuellement à Paris, à la galerie Ruttkowski;68, située dans le même arrondissement que les galeries Perrotin et Eric Dupont. Antwan Horfee maîtrise en effet cette incroyable technique, qui pourrait caractériser ses peintures fantastiques et évanescentes. A travers ces toiles et dessins exposés, nous accédons à l’univers fourmillant et fascinant de l’artiste, à découvrir absolument.

GOONS !, Antwan Horfee, du 23 mai au 28 juin 2020, Ruttkowski;68, 8 rue Charlot, 75003, mardi – samedi, sur rendez-vous (11 – 19h)

Merci pour votre lecture et belles découvertes. A bientôt !

Constant Dauré

Un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s